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Charles Aubry et Charles Rau (fr)

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Ces deux grands juristes français dont la renommée n’est plus à faire ont eu une existence quasi similaire; tous les deux nés en 1803 dans le Bas-Rhin mais dans des villes différents, Saverne pour Aubry et Bouxwiller pour Rau, les deux hommes poursuivent des études en droit après leurs études secondaires. Par volonté pour Rau et exécutant le désir de ses parents pour Aubry, les deux Charles font leur droit à la faculté de Strasbourg et partagent les mêmes bancs.

Ils obtiennent leur licence à un an d’intervalle, en 1822 pour Charles Aubry et en 1823 pour Charles Rau. Alors que le premier soutien immédiatement après sa thèse qu’il décroche en 1824, le second préfère se consacrer à une carrière d’avocat et soutient à son tour une thèse quelques années plus tard qui lui faut le titre de docteur en 1826.

À la suite de leur diplôme, Charles Aubry, pur universitaire préfère se tourner vers l’enseignement et devient en 1830 professeur suppléant, puis en 1833 professeur titulaire de Code civil. Alors que Charles Rau se tourne vers le barreau de Strasbourg et devient juge suppléant en 1832, avant de revenir au monde universitaire pour incarner la fonction de professeur suppléant de 1833 à 1834, et enfin celle de professeur de Code civil à partir de 1841.

Les deux hommes sont reconnus et admirés chacun dans leur milieu. Aubry est considéré pendant le Second Empire comme un « citoyen sincèrement dévoué au Gouvernement », et il se décrit comme être un « très bon catholique » dont l’enseignement « s’éclaire à la douce lumière d’une philosophie religieuse ». On lui confit même le poste de Doyen de la faculté de Strasbourg de 1851 à 1870, et lorsque l’Alsace, majoritairement protestante se plaint de lui « d’incliner vers un parti clérical, hostile à l’Université et au protestantisme » , le rectorat répond que «  ses idées religieuses ne portaient pas à l’intolérance » et que son ami le plus proche est le professeur Rau, lui-même protestant. Il s’attire toutes les bonnes grâces des personnes influentes de l’Empire, jusqu’à recevoir même une proposition pour faire parti de la Cour de cassation qu’il décline. A l’instar de son homologue, Charles Rau est admiré au barreau de Strasbourg pour la clarté de ses raisonnements et la fermeté de ses discussions. Cette admiration lui a valu d’être pendant longtemps bâtonnier de l’ordre des avocats au barreau de Strasbourg. Il ne passe pas non plus inaperçu dans le monde universitaire étant considéré comme l’ « un des professeurs les plus distingués de la faculté ».

Leur complémentarité d’esprit fait leur force, le travail des deux hommes est considéré comme la rencontre de l’esprit latin et germanique. Aubry, recherchant à faire fructifier l’esprit par un raisonnement et Rau toujours partisan de la recherche d’une signification pratique d’un raisonnement théorique. Les deux juristes, forts d’esprit et de complicité, entame une carrière littéraire soutenue. Il publient pour la première fois en 1838, leur œuvre majeure publiée à plusieurs reprises : Cours de droit civil français traduit de l’allemand par M.C.S. Zachariae. Considérée comme une simple traduction, la troisième édition fait ressentir l’apport des deux auteurs et prend le titre de Cours de droit civil d’après la méthode de Zachariae. (1869 à 1877), pour abandonner ensuite toute référence à Zachariae.

Juristes dans un contexte historique de tensions et de guerre, notamment celle avec la Prusse qui, par l’annexion en 1870 de l’Alsace, les obligent à abandonner leurs postes à l’université et acceptent une place comme conseiller à la Cour de cassation. Et dans un contexte doctrinal dominé par l’influence de l’école de l’Exégèse, qui tout au long du XIX siècle analysait le Code civil et tentait d’apporter toutes les réponses aux problèmes juridiques grâce à ce dernier. Les deux auteurs, bien qu’analystes du Code civil, se détachent légèrement de ce courant pour leurs théories qui auront un impact considérable sur le droit positif, notamment celles sur le patrimoine, la copropriété, la subrogation réelle, la revendication immobilière, la preuve de la propriété et la pétition d’hérédité. Ces théories, sont aujourd’hui critiquées, mais continuent à vivre, à cause de leur puissance.

Bien que les deux hommes décèdent à Paris avec quelques années d’écart, en 1877 pour Rau et en 1883 pour Aubry, l’œuvre a eu une pérennité exceptionnelle en France, à la différence du Royaume-Uni, où en raison de la présence du Common Law qui a pour volonté de résoudre un problème pratique, ne voyait pas d’un si bon œil les constructions purement théoriques et les juristes anglais auraient préférés un côté plus pragmatique avec des concepts et des règles plus proches des réalités populaires et quotidiennes.

Aubry et Rau, admirés pour leur langue et leurs compétences juridiques, sont depuis une vingtaine d’années beaucoup moins lu à cause de leur excès de concision, de leur technicité et de leur abstraction. Leur autorité décline peu à peu, après avoir été la plus grande gloire de la littérature juridique française.


Voir aussi

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Œuvres importantes

Sources

  • Arabeyre Patrick; Halpérin J-Louis; Krynen Jacques. Dictionnaire Historique des juristes français XII-XX siècle. Paris : PUF 2007 ISBN 978-2-13-056495-9
  • Poughon (dir). Aubry et Rau, Leurs œuvres, leurs enseignements, Strasbourg : Presse Universitaire 2006. ISBN 978-2-86820-298-7
  • Malaurie Philippe, Anthologie de la pensée juridique. Paris : Cujas 2001. 2nd Ed. ISBN 2-254-01301-7